Au Maroc, on l’appelle louban, et les plus belles larmes portent le nom de louban dakar. En Europe, on parle d’oliban ou d’encens. Cette résine dorée, brûlée depuis l’Antiquité dans les temples comme dans les maisons, intéresse aujourd’hui les chercheurs pour ses effets sur la peau. Que disent réellement les publications scientifiques ? Voici l’essentiel, sources à l’appui.
L’oliban, qu’est-ce que c’est ?
L’oliban est une gomme-résine qui s’écoule de l’écorce des arbres du genre Boswellia lorsqu’on l’incise. En séchant, elle forme des « larmes » translucides, du jaune pâle à l’ambré. Parmi la vingtaine d’espèces du genre, deux ont une réelle importance économique : Boswellia sacra, qui pousse dans le sud de la péninsule arabique (notamment la région du Dhofar, à Oman) et dans le nord de la Somalie, et Boswellia serrata, originaire d’Inde (Miran et al., 2022).
Le mot louban vient de l’arabe. Les plus belles larmes sont appelées louban dakar, un nom qui partage sa racine avec dhikr, la mémoire : l’oliban est d’ailleurs traditionnellement réputé pour lutter contre l’oubli.
Que contient la résine d’oliban ?
Une revue scientifique consacrée à Boswellia sacra décrit la gomme-résine ainsi (Miran et al., 2022) :
- 5 à 9 % d’huile essentielle, responsable du parfum boisé et légèrement citronné ;
- 60 à 70 % de fraction soluble dans l’alcool, riche en terpènes, dont les fameux acides boswelliques ;
- 25 à 30 % de fraction soluble dans l’eau, essentiellement la partie « gomme » (des polysaccharides).
Dans l’huile essentielle de B. sacra, les analyses identifient surtout de l’α-pinène, du β-ocimène, du camphène et du limonène, ainsi que du caryophyllène et du myrcène en plus faibles quantités. Les proportions varient selon l’origine des arbres et la méthode d’extraction.
Les acides boswelliques, stars de la recherche
Les acides boswelliques sont des triterpènes pentacycliques, c’est-à-dire de grosses molécules végétales qu’on ne retrouve pas dans l’huile essentielle, mais dans la fraction résineuse. Dès 1992, une équipe allemande a montré en laboratoire qu’ils inhibent la 5-lipoxygénase, une enzyme qui participe à la production de médiateurs de l’inflammation, les leucotriènes (Safayhi et al., 1992).
Une revue systématique plus récente confirme que l’oliban agit par plusieurs mécanismes : inhibition de la 5-lipoxygénase et des cyclo-oxygénases, effet sur le stress oxydatif et régulation de certaines cellules immunitaires. Elle note aussi que les études toxicologiques et cliniques n’ont relevé que des effets indésirables légers (Efferth & Oesch, 2022).
Et sur la peau, concrètement ?
Une étude sur la peau photo-vieillie
L’étude la plus souvent citée a été menée en Italie, à l’université de Brescia. Quinze femmes ont appliqué pendant 30 jours, une fois par jour, une crème contenant 0,5 % d’acides boswelliques sur une moitié du visage, et une crème placebo sur l’autre moitié. Ni les participantes ni les évaluateurs ne savaient quel côté recevait quelle crème (essai randomisé, en double aveugle).
Du côté traité, les chercheurs ont observé une amélioration significative du score global de photovieillissement, de la rugosité au toucher et des ridules, ainsi qu’une augmentation de l’élasticité et une diminution de la production de sébum, mesurées par des appareils. La crème a été bien tolérée, sans effet indésirable (Calzavara-Pinton et al., 2010 ; voir aussi Pedretti et al., 2010).
Une piste pour les peaux irritées
Dans un tout autre contexte, un essai italien contrôlé contre placebo a testé une crème à base de Boswellia chez des femmes suivies en radiothérapie. Les auteurs rapportent moins de rougeurs et un moindre recours aux crèmes à la cortisone dans le groupe Boswellia (Togni et al., 2015). Cet essai concerne une situation médicale : il ne s’agit pas d’un usage cosmétique et il ne doit pas remplacer l’avis de votre équipe soignante. Il éclaire en revanche le potentiel apaisant de l’ingrédient.
Ce qu’il faut garder en tête
Par honnêteté, voici les limites de ces travaux :
- les études portent sur des extraits standardisés en acides boswelliques (souvent issus de B. serrata), pas sur la résine brute ni sur l’huile essentielle ;
- les effectifs sont petits (quinze volontaires pour l’étude anti-âge) et la durée courte ;
- ces résultats éclairent l’intérêt de l’ingrédient, mais ne constituent pas une évaluation de nos produits.
En clair : l’oliban n’est pas un produit miracle, mais c’est l’un des ingrédients traditionnels dont l’intérêt pour la peau est le mieux documenté.
Comment profiter de l’oliban en toute sécurité
- Ne jamais appliquer l’huile essentielle pure sur la peau : elle doit être diluée dans une huile végétale ou intégrée à un soin formulé.
- Faites un test au pli du coude 48 h avant la première utilisation, surtout si votre peau est sensible. L’huile essentielle contient du limonène, une molécule parfumée qui peut provoquer des réactions chez les personnes sensibilisées.
- Évitez le contour des yeux et les muqueuses.
- En cas de grossesse, d’allaitement ou de traitement médical, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.
L’oliban dans les rituels Radieuses
Chez Radieuses, nous avons choisi de faire de l’oliban le cœur d’une gamme dédiée aux peaux en quête de fermeté et d’éclat :
- la crème liftante au louban dakar, pour le jour et la nuit ;
- le sérum à l’oliban, à appliquer le soir ;
- le masque au louban dakar et à l’argile blanche, une à deux fois par semaine ;
- la gamme complète au louban dakar, qui réunit les trois ;
- et l’oliban naturel en résine, pour parfumer la maison comme le font les femmes marocaines depuis des générations.
Vous avez une question sur l’oliban ou sur nos soins ? Consultez notre FAQ ou écrivez-nous : nous vous répondrons avec plaisir.
Sources scientifiques
- Calzavara-Pinton P, Zane C, Facchinetti E, Capezzera R, Pedretti A. Topical Boswellic acids for treatment of photoaged skin. Dermatologic Therapy. 2010;23 Suppl 1:S28-32.
- Pedretti A, Capezzera R, Zane C, Facchinetti E, Calzavara-Pinton P. Effects of topical boswellic acid on photo and age-damaged skin: clinical, biophysical, and echographic evaluations in a double-blind, randomized, split-face study. Planta Medica. 2010;76(6):555-560.
- Togni S, Maramaldi G, Bonetta A, Giacomelli L, Di Pierro F. Clinical evaluation of safety and efficacy of Boswellia-based cream for prevention of adjuvant radiotherapy skin damage in mammary carcinoma: a randomized placebo controlled trial. European Review for Medical and Pharmacological Sciences. 2015;19(8):1338-1344.
- Safayhi H, Mack T, Sabieraj J, Anazodo MI, Subramanian LR, Ammon HP. Boswellic acids: novel, specific, nonredox inhibitors of 5-lipoxygenase. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics. 1992;261(3):1143-1146.
- Efferth T, Oesch F. Anti-inflammatory and anti-cancer activities of frankincense: Targets, treatments and toxicities. Seminars in Cancer Biology. 2022;80:39-57.
- Miran M, et al. Taxonomical Investigation, Chemical Composition, Traditional Use in Medicine, and Pharmacological Activities of Boswellia sacra Flueck. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine. 2022:8779676.
Cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.












